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Rapport d’activités CIDR 2006

 

Sommaire

I. Evolution du contexte

1. Contexte politique dans les pays d’intervention

1.1. Afrique de l’Ouest

a. Bénin

L’année a été marquée par l’élection présidentielle de mars 2006 et par l’émergence d’une nouvelle classe politique. L’équipe gouvernementale a élaboré un programme pour faire du Bénin un « pays émergeant » en 2011. Un nouveau document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté a été conçu. Plusieurs grands chantiers ont été lancés ou initiés, y compris la relance de la filière coton.

Les activités du Comité de Développement Economique Local de Cotonou ont été ralenties pendant la campagne électorale. De même, au niveau des programmes menés dans les Collines et l’Alibori, les différentes négociations engagées avec les pouvoirs publics locaux et nationaux ont été ralenties. Les activités des programmes ont été également perturbées par des difficultés de trésorerie au plan national qui se sont répercutées sur la gestion des équipes d’animation territoriale et la réalisation des actions dans les communes.

Pour renforcer la décentralisation, un comité a été chargé d’étudier les modalités de transfert des ressources de l’Etat aux communes. Ses conclusions seront présentées au cours du forum national sur la décentralisation qui devrait se tenir en début d’année 2007.

b. Burkina

La mission du Fonds Monétaire International conduite en juin a amené à une révision à la hausse des prévisions économiques pour 2006. Selon le FMI, le taux de croissance réel s’établirait à 5,6% contre une projection initiale de 4,4. L’inflation dépasserait aussi les estimations initiales et atteindrait 3% en moyenne annuelle. L’annulation de la dette multilatérale offre une réelle opportunité au Burkina Faso. Un certain nombre de mesures sont lancées pour lui donner sa pleine efficacité : modernisation des outils de gestion publique, poursuite des réformes engagées pour l’adaptation de la filière coton, diversification de la production, appui au développement du secteur privé, achèvement d’infrastructures indispensables pour le désenclavement du pays.

Au Burkina Faso, la stratégie nationale de la microfinance a été suivie de l’adoption d’un plan d’actions en 2006. La Cellule de Gestion du Plan d’Actions pour le Financement du Monde Rural a cessé ses activités fin octobre 2006. Elle est remplacée par une Unité Technique d’Exécution mise en place fin 2006.

c. Guinée

En Guinée, la crise socioéconomique s’est poursuivie, et la forte inflation a continué à éroder le pouvoir d’achat, au point que dans le dernier trimestre de l’année, les populations se sont rebellées contre le pouvoir. Cette situation a affecté le fonctionnement des mutuelles et freiné leur développement.

d. Mali

Le pays poursuit ses efforts de développement et le gouvernement a contesté les chiffres attribués au Mali dans le rapport 2006 du PNUD sur le développement humain, apportant au débat des résultats plus favorables. Il est devenu en octobre le cinquième pays africain bénéficiaire du « Millenium Challenge Account » et s’est vu allouer $ 460,8 millions pour cinq ans. La convention avec l’initiative américaine a pour objectif d’appuyer le développement par la croissance économique, en augmentant la production et la productivité de l’agriculture et des PME, tout en facilitant l’accès du pays aux marchés et au commerce. Une bonne pluviométrie, y compris au Sahel, a permis à l’agriculture d’obtenir de bons résultats.

e. Togo

La stabilisation du pays amorcée mi 2005 s’est confirmée et le Togo a pu mettre en œuvre les engagements qu’il avait souscrit pour corriger le « déficit démocratique ». Les bailleurs de fonds prennent acte de ces progrès et se préparent à se réengager, sous réserve d’un déroulement satisfaisant des élections législatives de juin 2007. L’Union Européenne a décidé en novembre 2006 de notifier au Togo le 9ème FED et de l’inclure dans le processus de programmation du 10ème FED. La Banque Mondiale met en place un Programme d’Urgence de Réduction de la Pauvreté. Enfin, le Togo verrait sa dette extérieure annulée, dans la deuxième vague des pays les plus pauvres bénéficiant de la décision du G8 de Gleeneagles.

1.2. Afrique Centrale

a. Cameroun

Avec près d’un an et demi de retard, le Cameroun a franchi le point d’achèvement de l’initiative PPTE en avril 2006. Le stock de la dette du pays se montait fin 2005 à $ 6,2 milliards, et au terme des annulations des différents créanciers publics, il devrait être ramené à $ 550 millions. Le C2D signé en juin, de 340 milliards de FCFA, est le plus important accordé à ce jour par la France. Grâce à ces ressources additionnelles et une hausse des recettes pétrolières, le gouvernement a préparé un budget 2007 en hausse de 21 %.

b. Tchad

L’année a été marquée par un contexte politique très perturbé après un référendum constitutionnel et une élection présidentielle très contestée. Des mouvements de rébellion se sont manifestés de plus en plus fortement. Le pouvoir a réussi à négocier avec ces mouvements qu’il a intégrés dans les rangs de l’armée. Pendant plusieurs semaines à cette période, il a été impossible de tenir des réunions villageoises, ce qui a retardé le lancement des activités dans les nouvelles caisses d’épargne et de crédit. Par contre, le Nord Guéra a bénéficié d’une bonne pluviométrie et on observait au dernier trimestre une amélioration sensible des prix des principaux produits agricoles par rapport à la même période de 2005.

1.3. Afrique de l’Est

a. Ethiopie

Après une année 2005 très mouvementée sur le plan politique, l’Ethiopie a retrouvé un semblant de calme à l’intérieur du pays, malgré plusieurs attentats non revendiqués à Addis Abeba et des tensions régulières consécutives à la détention des principaux leaders de l’opposition ainsi que d’un nombre important de journalistes. Sur le plan économique, la croissance est restée assez soutenue alimentant une inflation relativement forte (estimée officiellement à près de 15%). Les récoltes agricoles ont été globalement bonnes malgré d’importantes inondations en fin d’année, essentiellement dans la région sud ouest du pays. les IMF ont connu une augmentation de leur clientèle d’un tiers grâce à un afflux de subventions et une concurrence faible. Cependant le contexte politique y reste fragile et exacerbe les tensions au niveau rural.

b. Kenya

Le Kenya a connu de bonnes performances économiques en 2006, spécialement dans les télécommunications, l’énergie, la construction, l’industrie et le tourisme, nonobstant un accroissement de la criminalité et de la corruption. Malgré la promulgation en novembre 2005 d’une loi pour lutter contre la corruption, la confiance des bailleurs est entamée. La Banque mondiale a reporté le versement de $ 260 millions de prêt destinés à la réforme du secteur bancaire, au budget, à l’éducation et à la santé. En fin d’année, d’importantes inondations ont affecté le pays et mis plus de 700.000 personnes en difficulté, principalement dans l’Ouest, le Nord-est et sur la côte. Le climat d’insécurité qui s’est accru dans les grandes villes mais aussi en zone rurale, rend plus difficile la conduite des opérations

c. Ouganda

Les élections présidentielles de février en Ouganda, premières élections pluralistes du pays depuis 20 ans, ont reconduit au pouvoir le président sortant pour un troisième mandat. Plusieurs pays européens avaient annoncé un gel de leur aide fin 2005, dénonçant le manque de démocratisation et de réformes économiques du pays. Malgré les contraintes, coût du pétrole, sécheresses prolongées affectant le secteur agricole et crise nationale de production électrique, l’Ouganda a connu une croissance de 5,3 %.

d. Tanzanie

En Tanzanie, un climat général d’insécurité s’installe avec des attaques régulières sur les personnes et les biens. Parler de protection sociale en matière de maladie, alors que celle de la vie n’est pas acquise, provoque parfois un sentiment de rejet dans certains milieux. La forte diminution des subventions de l’Etat aux hôpitaux privés confessionnels a amené l’hôpital de Mbozi, partenaire des mutuelles, à augmenter significativement le tarif de ses prestations.

1.4. Océan Indien

a. Comores

Aux Comores, un nouveau chef de l’Etat a été élu mi mai pour 4 ans. Il a mis en place un gouvernement réduit avec huit ministères. La santé, avec la solidarité et la promotion du genre, est confiée à l’un des deux vices présidents. Le chef de l’Etat a inscrit les mutuelles dans la stratégie nationale d’accès aux soins. En décembre, les négociations sur le transfert de compétences de l’Union des Comores aux pouvoirs des trois îles autonomes ont achoppé sur le refus du président de l’Union de mettre en œuvre des lois régissant les entreprises publiques, l’organisation judiciaire et les forces intérieures des îles.

b. Madagascar

L’évènement majeur de l’année aura été la tenue dans le calme de l’élection présidentielle. Le président sortant a été réélu dès le premier tour. Cependant, la pré campagne a été agitée et le programme de développement local urbain dans la Sava a dû arrêter pendant plusieurs semaines toute activité nécessitant une réunion. Sur le plan économique, le taux d’inflation est supérieur à 10% en rythme annuel. Toutefois, la valeur de l’ariary s’est stabilisée par rapport aux devises étrangères en 2006. Le coût de l’énergie (électricité, carburants) demeurant à un niveau élevé et les fréquentes coupures d’électricité liées à l’obsolescence des centrales électriques continuent à pénaliser l’activité économique. Enfin, l’insuffisance de précipitations dans le Sud du pays occasionne en fin d’année des menaces de famines dans toute la région.

En 2006, un projet de décret d’application de la nouvelle loi relative à la microfinance a été élaboré. Un comité de pilotage chargé du suivi du plan d’actions de la Stratégie Nationale de Microfinance a été mis en place. La SNMF prévoit de créer un Centre de Ressources et une base de données sur le secteur de la microfinance à Madagascar.

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