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Rapport d’activités CIDR 2005

 

Sommaire

1. Evolution du contexte

1.1. Contexte politique dans les pays d’intervention

a. Bénin

L’année 2005 a été marquée par les préparatifs des élections présidentielles de mars 2006, très animés du fait de la retraite prochaine de l’actuel chef d’Etat. Sur le plan économique, la filière du coton a poursuivi son déclin. La crise qui sévit depuis 2004 a provoqué la baisse du taux de croissance de 6 à 2%.

La morosité nationale n’a pas épargné les collectivités locales. Le fonds d’appui au développement des communes (FADeC) n’est toujours pas mis en place. Les subventions de l’Etat ont été réduites et versées au dernier trimestre. Ces problèmes ont rejailli sur le programme de développement local des Collines : moindre participation du gouvernement au Fonds de Développement des Territoires, difficultés de trésorerie de la Maison des Collectivités Locales (MCL) qui gère les animateurs de territoire. Néanmoins, en décembre, le Ministre de l’Intérieur a confirmé la volonté du gouvernement de poursuivre la politique de création d’un corps de métier des animateurs de territoire au niveau de l’Etat, et a donné son accord pour que de nouveaux contractuels soient recrutés par la MCL.

En ce qui concerne les systèmes d’assurance santé à adhésion volontaire, le ministère de la santé a organisé de larges réunions nationales de concertation sur la législation spécifique à mettre en place pour la mutualité, auxquelles a participé le réseau Alliance Santé du Borgou.

b. Burkina

Le contexte politique et social au Burkina Faso a été marqué par la stabilité et, au plan économique, par d’importantes réformes. Pour la première fois depuis le rétablissement du multipartisme en 1991, l’opposition a participé au scrutin présidentiel, qui s’est déroulé dans le calme. La réélection du chef de l’Etat sortant avec 80% des suffrages n’a pas été contestée.

Sur le plan céréalier, la campagne a été globalement d’un bon niveau à l’échelle nationale. Dans le Sahel la récolte a été très supérieure à la moyenne constatée ces dernières années. En revanche, dans le Sud du pays la pluviométrie n’a pas été favorable. La culture du soja, mais également celle du coton et d’autres cultures de rente, ont été fortement pénalisées.

c. Mali

Bien qu’ils soient toujours importants, les effets de la crise ivoirienne au Mali semblent s’être légèrement atténués grâce à un plan ambitieux de désenclavement vers les ports du Sénégal, du Togo, et du Ghana. Le Mali est engagé dans une forte politique de développement économique et du secteur privé. Il a lancé l’élaboration d’une loi d’orientation agricole axée sur la modernisation de l’agriculture familiale, tout en valorisant l’essor de l’agro-industrie.

Sur un plan agricole, l’année s’est déroulée, pour l’essentiel, dans un contexte de crise alimentaire dans les parties septentrionale, occidentale et centrale du Mali. Près de 10% de la population s’est retrouvé en situation d’insécurité alimentaire plus ou moins prononcée.

d. Guinée

La situation du pays ne cesse de se dégrader et les guinéens vivent actuellement une crise économique grave. Les finances publiques sont marquées par un fort déficit et une augmentation massive de la dette intérieure de l’Etat. L’inflation s’est encore considérablement accrue en 2005, conduisant à des troubles sociaux. Cette dégradation économique s’accompagne d’une crise politique aiguë.

La pénurie de médicaments s’étend petit à petit à l’ensemble des prestataires de soins et des pharmacies publiques. En 2005, deux des trois hôpitaux partenaires ont mis en place des prescriptions externes. Les mutuelles concernées ont du mettre en place des mécanismes de remboursement complémentaire pour leurs membres et tentent de négocier avec les prestataires une réduction des forfaits en conséquence.

e. Togo

Le premier semestre a été extrêmement tendu au Togo. Suite à la mort du président Eyadema en février, et sous les pressions internationales, notamment africaines, des élections ont été organisées le 24 avril. Mais après l’annonce des résultats, contestés en interne et par plusieurs pays, les manifestations ont repris, et de nombreux actes de violence ont été commis. Les activités du programme ESOP ont été perturbées pendant plusieurs semaines. En juin, la formation d’un gouvernement comportant quelques figures de l’opposition modérée a permis de stabiliser la situation.

f. Cameroun

Après la réélection de Paul Biya en octobre 2004, la priorité a été donnée à la relance économique et à l’action sociale ; le dialogue a repris avec les institutions financières internationales. Le FMI a approuvé, en octobre 2005, un programme triennal avec le Cameroun, pour lui permettre de bénéficier d’un allégement de 50% de sa dette extérieure. Il pourrait accéder à une facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) pour atteindre le point d’achèvement PPTE au premier semestre 2006. Les réductions budgétaires imposées au Programme de Crédit Rural Décentralisé par le gouvernement ont été levées, ce qui lui permet de reprendre un rythme normal d’appui aux réseaux de CVECA et d’engager les restructurations nécessaires.

g. Tchad

Le référendum organisé en 2005 a entériné la réforme constitutionnelle qui permet au président de briguer un troisième mandat en 2006. Mais les tensions politiques sont de plus en plus vives, et attisées par le conflit du Darfour et une rébellion au nord. Le déroulement du programme d’épargne crédit dans le Nord Guéra a été plus perturbé par les lenteurs administratives que par le contexte général.

h. Ethiopie

Les élections législatives du 15 mai sont considérées comme les élections les plus controversées d’Ethiopie et ont créé une crise politique grave. La coalition sortante a remporté la majorité absolue des sièges et a reconduit le Premier Ministre au pouvoir depuis 1991, à son poste pour cinq ans. De nouveaux affrontements ont eu lieu en novembre et l’année s’est terminée sur une remontée des tensions avec l’Erythrée. Dans certaines parties de la région Oromo, les réunions publiques ont été interdites pendant plusieurs semaines, ce qui a obligé les projets à différer certaines animations, tant dans les banques de céréales que pour l’ouverture des premières caisses rurales d’épargne crédit mises en place par les IMF partenaires.

i. Kenya, Ouganda, Tanzanie

Au Kenya, l’aide internationale a repris, après avoir été conditionnée à la promulgation de la loi contre la corruption et à un engagement fort du gouvernement sur les secteurs sociaux. Mais le référendum sur le projet de Constitution le 21 novembre a occasionné de nombreux incidents et affrontements et le rejet du texte a conduit au limogeage du gouvernement.

Le Parlement ougandais a modifié la Constitution pour permettre à l’actuel président de se présenter à l’élection présidentielle de mars 2006 pour un troisième mandat. De violentes manifestations ont eu lieu dans la capitale en décembre.

Malgré des élections houleuses à Zanzibar, la Tanzanie est restée stable et a poursuivi les réformes économiques et les privatisations engagées depuis dix ans. Le bilan macroéconomique est positif, mais sans effet significatif sur la pauvreté. Dans les régions d’interventions, les programmes ont été confrontés à du banditisme armé et ont du mettre en place des mécanismes de sécurité accrus.

Dans les trois pays, le slogan politique « des soins gratuits pour toute la population » a cédé la place au réalisme, en laissant les systèmes d’assurance maladie volontaire participative fonctionner. Un pas important a également été franchi en ce qui concerne la pandémie du sida : les anti-rétro-viraux (ARV) sont distribués gratuitement dans de nombreux hôpitaux publics de trois pays, ce qui devrait améliorer la situation financière des mutuelles, fragilisées par la prise en charge des maladies opportunistes.

j. Madagascar

Sous le pilotage de la Présidence de la République, l’Etat a lancé en 2005 une nouvelle réforme ambitieuse associant les logiques de décentralisation et de déconcentration sous la forme d’un programme national appelé « Programme National de Décentralisation et de Déconcentration ». Les grandes orientations en sont les suivantes : renforcement de la commune comme élément moteur du développement local, et de la région dans une fonction d’articulation des politiques nationales et locales ; renforcement des capacités des services techniques déconcentrés ; participation citoyenne. Les programmes du département « Dynamique de territoire et développement communal » à Madagascar seront inscrits dans ce cadre.

Les activités du département « Entreprises de services et organisations de producteurs » ont été menées dans un contexte marqué par une insuffisance de précipitations en février dommageable pour les cultures, des coûts élevés de transport et des rationnements de la fourniture d’électricité qui ont affecté les activités économiques urbaines.

k. Comores

La résolution du conflit institutionnel sur le partage des compétences entre l’Union et les trois îles qui la composent a permis la tenue, le 8 décembre, de la conférence des bailleurs de fonds, repoussée depuis 2001. Le pays doit engager des réformes pour bénéficier en 2006 d’une FRPC, ce qui lui permettra ensuite d’être éligible à un allégement de la dette au titre de l’initiative PPTE, sous réserve du bon déroulement des élections présidentielles prévues en avril et mai 2006.

Fin septembre, des émeutes ont éclaté et une grève générale a été organisée suite à la hausse des prix des carburants. Le gouvernement a pris des mesures d’allégement fiscal pour compenser partiellement la baisse du pouvoir d’achat, mais la situation sociale est restée tendue. Et les problèmes économiques ont pesé sur la capacité de mobilisation des cotisations des mutuelles, tant au niveau individuel que collectif.

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