I. Faits marquants de l’année
1. Afrique de l’Ouest
Au Bénin, le Réseau Alliance Santé (RAS) a été exposé à une grave crise institutionnelle liée à l’absence de volonté de coopération entre les responsables du Réseau et de l’AIMS en charge de la gestion et du suivi du risque. Cette crise a fortement impacté le niveau des adhésions, du produit scolaire en particulier, et la viabilité financière des mutuelles. Suite à l’évaluation de la fin de la phase intervenue en octobre 2010, le BUCO a suspendu son appui financier, le temps que les acteurs redéfinissent les modalités de leur collaboration et des appuis dont ils auront besoin de la part du département.
En Guinée, le retrait de l’assistance technique permanente est intervenu au milieu de l’année. Il s’est accompagné d’une montée en puissance du Bureau Exécutif de l’UMSGF, mais a révélé des faiblesses importantes dans le système d’information et de gestion et dans le suivi des prestations, qui ont fait l’objet de mesures de redressement énergiques. La reconnaissance de l’action de l’UMSGF a permis d’établir de nouveaux partenariats locaux (FNUAP, UNICEF, HCR) sur les nouveaux produits distribués (Maternité sans risques et produits scolaires).
Au Sénégal, l’accompagnement apporté par le département à des assureurs privés a conduit à la création d’un pool de 8 assureurs qui se sont investis dans la création d’un Centre de Promotion de la Micro-Assurance Santé (CPMAS). Ce centre devrait être opérationnel début 2011.
Au Burkina, le département a démarré pour la première fois une étude de portée nationale en partenariat avec la FNMF portant sur le rôle des mutuelles, et plus largement de la société civile, dans le dispositif d’assurance maladie à vocation universelle en cours de définition.
2. Afrique Centrale
Le programme Tchad a démarré selon un nouveau modèle opératoire basé sur le partenariat avec des institutions locales (les BELACD), permettant une intervention à plus grande échelle et une meilleure viabilité institutionnelle.
3. Afrique de l’Est et Océan Indien
La croissance des effectifs observée en 2009 s’est poursuivie en 2010 dans les 3 programmes où le département intervient.
En Tanzanie, l’articulation avec le CHF et le cofinancement obtenu ont été à l’origine d’une augmentation significative des adhésions et d’une meilleure intégration du réseau dans les organes de gouvernance du CHF au niveau de District. Dans le même temps, dans le district de Kyela, un nouveau volet du programme a démarré. C’est un programme pluri-acteurs promouvant le CHF sous un modèle participatif ciblant, entre autres, les producteurs du cacao et les malades du sida. Une compagnie suisse de commercialisation du cacao, Barry Callebaut subventionne la prime des producteurs. La Fondation Elton John prend en charge les coûts additionnels de la prise en charge des malades du sida membres de la CHIF. La GTZ intervient dans la formation tandis que l’USAID vient en appui aux activités de sensibilisation contre le sida.
Au Kenya, malgré la forte augmentation du prix de la garantie proposée par le NHIF (multiplication par trois du prix avec extension des garanties aux petits risques), les adhésions ont continué à augmenter grâce à l’offre de produits à bas prix (limitée au gros risque) proposée par les CBHF et grâce à une stratégie de marketing dynamique, axée sur les résultats, rendue nécessaire dans un environnement très concurrentiel.
En Ouganda, la forte implication des prestataires de soins et des autorités sanitaires a permis d’obtenir une croissance modérée des adhésions qui laisse cependant entière la question de la viabilité du programme de Luwero et la maîtrise des coûts à Bushenyi. L’évaluation externe a confirmé la réorientation proposée pour le programme de Luwero vers une institution de micro-finance.
Aux Comores, la création de la Fédération Nationale des Mutuelles de Santé au Comores (FNMSC) a permis le démarrage du processus de transfert de la maîtrise d’ouvrage du programme à cette Institution.
Le département s’était fixé des objectifs ambitieux : concevoir plusieurs nouveaux programmes, sécuriser financièrement les programmes existants, améliorer l’efficience du suivi (logiciel Manobi) et inscrire le management des connaissances dans le suivi des programmes. Le département a mis en œuvre des activités prévues pour chacun de ces objectifs sans cependant atteindre le point d’achèvement pour chacun.
Un programme a été formulé au Togo, et celui de l’Afrique de l’Est est en cours de finalisation. Les perspectives d’opérationnalisation de programmes et de partenariats avec des organisations mutualistes du Nord sont plus incertaines pour la Guinée ou le Burkina Faso. Le logiciel Manobi est entré en phase de test, dans les programmes d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, mais sa finalisation a été retardée par des négociations plus longues que prévues avec le développeur. Le partenariat avec la Fondation Elton John est rentré dans une phase opérationnelle, mais la diversification de ce portefeuille est encore à réaliser. L’atelier de septembre 2010 a été le point de départ d’une prise en compte de la dimension de management des connaissances dans les programmes et de l’implication des conseillers techniques.



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