Accueil > Activités > Programmes de développement > Rapports annuels > Rapports d’activités > Rapports d’activités 2009 > Rapport d’activités 2009 - Microfinance, entreprises et création (...)

Rapport d’activités 2009 - Microfinance, entreprises et création d’emplois

Enregistrer au format PDF version imprimable

I. Introduction 

1. Faits marquants de l’année 2009

L’année 2009 est une année de transition entre le plan d’orientation stratégique 2004–2008 et celui de 2010-2014. Le département a au cours de l’année poursuivi son travail de formulation de sa nouvelle stratégie en s’appuyant sur les résultats de son auto-évaluation, de l’analyse de l’environnement et la définition de son positionnement dans le nouveau paysage de la microfinance.

Consolidation des réseaux CVECA

Les activités de consolidation des CVECA du Mali se sont poursuivies par la conduite d’études de faisabilité pour des entités regroupées, la définition d’ajustements méthodologiques et l’élaboration de premiers plans d’affaires pour la prochaine période.

Ce processus s’est révélé plus long et plus lourd que prévu. Il a fallu du temps pour faire évoluer les mentalités, de la pédagogie pour faire accepter les changements nécessaires et le passage d’un système autogéré appartenant aux villageois à un système plus professionnel et « commercial » où la caisse est actionnaire d’une institution financière via son association, où les décisions sont désormais partagées entre les élus et des techniciens et où les agents vont proposer des services aux clients et non attendre que ceux-ci viennent à eux. C’est toute une chaîne de changements qu’il convient d’introduire, au niveau des membres, des élus, des techniciens locaux, jusqu’aux conseillers techniques du CIDR.

Appuis à des institutions existantes

Les projets d’appui à des IMF existantes en Afrique de l’Est ont obtenu des résultats très satisfaisants. En Ethiopie, les réseaux appuyés ont connu des croissances remarquables tout en restant très performants sur les plans sociaux (Buusaa Gonofaa a obtenu en 2009 le prix européen des performances sociales). Au Kenya, Wakenya Pamoja SACCO (WPS) a été classé parmi les 5 premières SACCO les plus performantes du pays. En Tanzanie, PRIDE est l’IMF qui a le mieux résisté à la concurrence des banques, selon des observateurs nationaux.

La situation est plus mitigée au Togo, où des difficultés rencontrées amènent le département à être beaucoup plus rigoureux dans le choix de ses partenaires : diagnostic institutionnel approfondi surtout sur la gouvernance, diagnostic financier poussé sur la qualité du portefeuille, la solvabilité et l’adéquation des ressources par rapport à la croissance envisagée. Le département ajustera ses méthodologies d’analyse pour les années à venir et réfléchira aux circonstances où il fera appel à des sociétés de notations spécialisées pour confirmer et affiner son propre diagnostic.

Financement des chaînes de valeurs

Dans le domaine du financement des chaînes de valeur agroalimentaires dont la pertinence s’est confirmée avec la persistance de la crise alimentaire et la prise de conscience internationale de la nécessité de réinvestir massivement dans l’agriculture, le département a connu une véritable percée et une certaine reconnaissance de son savoir faire.

En 2009, le projet Afrique de l’Est a bénéficié d’un financement « Facilité Alimentaire » de l’Union Européenne pour répliquer le pilote de finance rurale d’Iringa (Tanzanie) dans 10 agences de PRIDE Tanzanie. D’autre part, des études de financement de chaînes de valeur ont été conduites dans de nombreux pays, au sein des projets conduits par le département ainsi que dans le cadre d’études (Tunisie sur financement AFD, Kenya sur financement FIDA pour un projet de Finance Rurale Nationale). Un atelier de management des connaissances a été organisé en interne pour échanger sur les pratiques, les outils et les résultats dans ce domaine aboutissant à la production de plusieurs documents de référence publiés sur le site UNGANA. Ce thème a aussi fait l’objet de communications dans des séminaires et forums internationaux, tel que la 4ième conférence panafricaine de microfinance à Ouagadougou (Burkina Faso) qui portait sur le financement de l’agriculture.

Développement des partenariats

Un partenariat prometteur a été noué avec BASIX, un grand groupe indien de « livelihood finance », dans le but de co-promouvoir des projets en Afrique de l’Est. BASIX est un groupe composé d’une banque, d’une institution financière non bancaire, de centres de recherche et de formation et de bureaux d’études spécialisés. BASIX, présent sur tout le territoire indien, offre des services de micro-assurance à plus d’un million et demi de personnes, des microcrédits à plus d’un million d’emprunteurs et des services de développement d’entreprises agricoles à plus de 500.000 petits paysans. Sa volonté est de développer un partenariat durable avec CIDR et PAMIGA pour étendre ses services d’appuis conseils en Afrique en s’appuyant sur des intervenants qui connaissent le contexte, les besoins et partagent la même vision de développement qu’elle. En 2009, le département et BASIX ont réalisé conjointement une mission de faisabilité en Ethiopie et une mission d’opportunité au Rwanda, en partie en co-investissement et en partie sur financement du FENU, dans le cadre du programme « Microlead ».

Etudes de nouveaux programmes

En 2009, le département a réalisé de nombreuses études d’opportunité, de faisabilité ainsi que des formulations de nouveaux projets et programmes : études d’opportunité en Côte d’Ivoire et au Rwanda ; études de faisabilité à Madagascar et en Ethiopie ; formulation de deux projets d’appui à des IMF existantes pour appuyer leur diversification géographique, de produits et de clientèles : au Cameroun, auprès de 2 établissements de microfinance (EMF) urbains souhaitant se développer en zones rurales et au Mali, auprès de deux réseaux CVECA désirant créer des caisses en milieu urbain.

2. Evolution du contexte dans le secteur et les pays d’intervention

2.1. Afrique de l’Ouest

La crise qui perdure a été un révélateur quant à la fragilité des IMF dans cette sous région : les impayés ont sensiblement progressé dans la plupart des pays, l’épargne collectée stagne, les banques ayant réduit leurs refinancements, la croissance se tasse, y compris dans des pays où les taux de croissance moyens étaient supérieurs à 15 voire 20%. Dans des pays phares comme le Mali, des faillites ont été constatées, sans liens directs avec la crise mais qui ont été accélérées par celle ci. Par ailleurs, la nouvelle loi se met en place avec son lot d’imprécisions et d’incertitudes (notamment fiscales) qui alimentent des tensions sur le terrain et freinent les projets de transformations et de fusions, alors qu’elle devrait les favoriser.

2.2. Afrique Centrale

2.2.1. Cameroun

La crise financière au Nord a fortement touché un pays comme le Cameroun dont certains produits d’exportation, tels que le bois de construction, sont très sensibles aux variations économiques. La crise alimentaire s’est poursuivie tout le long de l’année causant des émeutes. Dans le cadre du secteur de la microfinance, des dégradations de portefeuilles se sont accrues et un certain nombre d’EMF se sont trouvés en situation délicate. La Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC) a augmenté ses actions de surveillance, en particulier en direction des EMF commerciaux.

2.2.2. Tchad

Au Tchad, la situation générale s’est stabilisée, mais les EMF ont souffert des perturbations de l’année passée, notamment ceux qui sont situés en zones rurales septentrionales.

2.3. Afrique de l’Est

2.3.1. Ethiopie

En Ethiopie, la Banque Centrale (NBE) a repris ses activités de révision de la réglementation et est sur le point de publier de nouvelles directives. Elles semblent favorables à « l’inclusion financière », notamment en ce qui concerne l’accès aux services financiers pour les ruraux. Néanmoins, les IMF continuent de souffrir des restrictions telles que l’interdiction de prise de participation par des étrangers et l’interdiction de transfert de fonds à l’étranger, qui couplées avec les limites de ressources provenant de banques locales pour le refinancement, risquent d’entraîner un ralentissement dans la croissance, alors que la demande reste forte.

2.3.2. Kenya

La situation au Kenya s’est stabilisée. Dans le secteur de la microfinance, la nouvelle loi portant sur les SACCO est sur le point d’être mise en œuvre par le Ministère des Coopératives : elle devrait permettre de redresser bon nombre de SACCO faibles, notamment en matière de gouvernance. Plusieurs bailleurs internationaux concernés par la finance rurale ont été contactés par le gouvernement pour soutenir la mise en œuvre de cette loi, notamment en renforçant les capacités du ministère concerné. Pour les IMF, plusieurs ONG financières sont en train de se transformer en banques de microfinance, ce qui va leur apporter des capitaux leur permettant d’investir dans la technologie (banque à distance, mobile banking), et le développement de nouveaux produits.

2.3.3. Tanzanie

En Tanzanie, l’arrivée de plusieurs banques commerciales ciblant la microfinance urbaine et de BRAC (groupe bangladais de microfinance) sur le marché rural va créer de la compétition et « bousculer » les positions. La réaction des IMF existantes devra être suivie avec intérêt et attention. Ce qui sera en particulier important à suivre est la très probable introduction par les nouveaux acteurs d’innovations méthodologiques, en matière de produits et en systèmes de distribution de services, qui pourraient fortement développer l’offre et renforcer l’inclusion financière.

2.4. Madagascar

La situation politique de Madagascar est restée très instable durant toute l’année, causant le départ ou l’attentisme des bailleurs de fonds. Le secteur de la microfinance a naturellement connu beaucoup de difficultés en 2009 : faible croissance, hausse significative des impayés, baisse de la rentabilité alors que cette dernière était déjà très faible. Plusieurs IMF de taille moyenne, encore dépendantes de subventions externes, ont été en grande difficulté, notamment en zones rurales.

Publié le mardi 15 juin 2010, par Direction des programmes

Recommander cet article Recommander ce contenu par email