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Rapport d’activités 2009 - Entreprises agricoles, filières et marché

 

Sommaire

I. Introduction

1. Faits marquants de l’année 2009

Développement du réseau des entreprises (ESOP)

L’année 2009 a été marquée par les contrecoups de la crise alimentaire et la hausse des cours des produits agricoles des années passées. Elle s’est caractérisée à la fois par une hausse importante des aides internationales accordées au développement de l’agriculture et la définition de projets de grande ampleur menés parfois au détriment des intérêts à long terme des petites entreprises agricoles et agroalimentaires.

En Afrique de l’Ouest si les résultats financiers des entreprises appuyées par le département ont été nettement supérieurs aux prévisions en 2008, ceux de 2009 sont moyens suite à des engagements d’achats à des prix qui se sont avérés supérieurs aux cours des marchés au moment de la récolte. En Ethiopie les banques de céréales ont connu en fin d’année les mêmes difficultés à écouler leurs produits à des prix rémunérateurs.

Au cours de cette année, nombre d’entreprises promues, se sont fixé pour objectif d’assurer leur développement en s’appuyant sur les institutions financières de leur pays d’implantation. Or si au Togo, par exemple, la mise en relation de ces entreprises avec les institutions financières a eu des résultats très positifs (environ 200 millions de FCFA de prêts accordés à 9 entreprises pour la campagne 2009), au Burkina Faso, ces institutions financières restent extrêmement frileuses malgré les garanties techniques que peuvent offrir les plates-formes. Cette situation rend d’autant plus urgente la formalisation des fonds de « capital-développement » prévus dans le cadre des programmes. Ces situations ont cependant permis de tester de manière positive le niveau de confiance qu’ont les producteurs envers les entreprises (ESOP). Plusieurs d’entre elles ont ainsi négocié des différés partiels de paiement en fin d’année et expérimenté de nouveaux schémas de contractualisation.

Il faut aussi souligner la longue crise politique que traverse Madagascar. Ses répercussions économiques ne permettent pas d’analyser objectivement la situation des entreprises promues qui peinent à se développer

Définition d’un programme régional en Afrique de l’Ouest

Un travail de formulation d’un programme régional d’appui au développement des plates-formes de diffusion en Afrique de l’Ouest a été réalisé avec les partenaires les plus anciens du département : APME.2A au Burkina, ICD au Mali et ETD au Togo et au Bénin. Leur niveau de maturité technique sensiblement égal, les similitudes entre les nécessités d’évolutions des programmes actuellement menés, et plusieurs échanges (dont un atelier de travail de trois jours en octobre avec les dirigeants de ces structures) ont permis de définir les grandes lignes et les principales activités d’une action commune qui sera menée sous la forme d’un programme régional sur les quatre pays concernés. Celui-ci prendra le relais des programmes actuels dans la perspective de donner aux différentes plates-formes une envergure nationale.

Promotion de nouvelles approches

S’appuyant sur une évaluation des principaux résultats atteints au cours du plan d’orientation stratégique 2004-2008, de ses forces et faiblesses et sur une analyse de son environnement, le département a élaboré au cours de cette année 2009 son plan d’orientation stratégique pour la période 2010-2014.

C’est dans ce cadre que, conformément à l’un des axes retenu dans le plan stratégique 2010-2014, le département a élaboré deux nouveaux programmes d’appui à des organisations professionnelles agricoles faitières, au Bénin avec le Conseil de Concertation des Riziculteurs du Bénin (CCR-B) et en Côte d’Ivoire avec l’Association Nationale des Riziculteurs de Côte d’Ivoire (ANARIZ-CI). Le démarrage des actions est prévu en janvier 2010 au Bénin et au deuxième semestre 2010 en Côte d’Ivoire. Au Bénin, ce programme sera mené en partenariat avec « Entreprises, Territoires et Développement » (ETD) qui y affectera une équipe spécifique.

Organisation et évolution du département

Sur le plan des ressources humaines l’année 2009 a été caractérisée par un important renouvellement des équipes terrain (à Madagascar, en Ethiopie et au Togo). Le conseiller technique en poste au Togo poursuit sa collaboration avec le département et s’est en particulier impliqué dans la définition du programme élaboré en Côte d’Ivoire. De nouveaux recrutements ont été effectués pour l’Ethiopie et le programme Togo-Bénin. Un troisième a été lancé en fin d’année pour le programme d’appui au CCR-B.

La nouvelle équipe de conseillers techniques a été réunie lors de l’Assemblée Générale du CIDR en septembre et amenée à travailler plus particulièrement sur le programme de management des connaissances du département. Dans la prolongation de cet atelier a été notamment lancée sur le site UNGANA une communauté de pratiques sur le thème « Construire des relations pérennes entre entreprises agroalimentaires existantes et organisations de producteurs ».

Des partenariats ont également été ébauchés avec des enseignants chercheurs de Agro Paris-Tech sur des aspects technologiques (valorisation des légumineuses) et avec l’ISTOM dans le cadre d’un cycle de formation de leurs étudiants qui devrait permettre la réalisation chaque année, avec le département, d’études de faisabilité ou d’impact.

2. Evolution du contexte dans le secteur et les pays d’intervention

2.1. Afrique de l’Ouest

Dans les pays du Sahel, l’irrégularité des pluies s’est poursuivie jusqu’à la mi-juillet 2009. La situation s’est normalisée à partir du mois d’août pour donner des cumuls équivalents, voire supérieurs à la normale et parfois d’importantes inondations dans certains centres urbains. La situation phytosanitaire est restée globalement calme et sans incidence significative sur les cultures.

La situation des marchés des produits agricoles a été affectée par la crise financière de 2008 et le comportement des acteurs (gouvernements, agriculteurs, commerçants et consommateurs) au moment des récoltes fin 2008 : actions d’appui non concertées, rétention de stocks et spéculation. Après une tendance haussière des prix consécutive à l’installation tardive de l’hivernage et à l’augmentation de la demande de céréales pour le mois du Ramadan en juillet 2009, les prix des céréales ont amorcé des baisses modérées mais régulières. Les bonnes récoltes de fin d’année ont accentué cette tendance à la baisse.

Une situation alimentaire difficile a continué à prévaloir en milieu urbain et périurbain. Elle a amené les Etats à engager des actions de facilitation de l’accès aux aliments pour ces populations en difficulté. De même des efforts importants ont été consentis par certains gouvernements pour la mise à disposition d’intrants et d’équipements agricoles auprès des producteurs afin de relancer la production agricole notamment de riz et de maïs.

2.1.1. Burkina Faso

Au Burkina, les prévisions de récolte sont en baisse de 10% par rapport à la récolte de l’année dernière qui avait battu tous les records. Mais la production de riz paddy maintient sa tendance à la hausse (+15%). Comme en 2008, le gouvernement a mis à disposition des producteurs des semences et des engrais soit gratuits, soit fortement subventionnés pour le riz et le maïs. Les cultures de rente connaissent une baisse globale d’environ 12%, 26% pour le coton, et seule la production d’arachide se développe (+15%). Les cultures vivrières sont en baisse de 7%. Cependant, le bilan céréalier national, qui prend en compte le riz, le blé, le mil, le maïs, le sorgho et le fonio, fait ressortir un excédent brut. Le taux de couverture des besoins national est de 106%.

2.1.2. Mali

Au Mali, le plan de campagne agricole 2009 de l’Etat, bâti autour de trois spéculations (riz, maïs et blé) mais prévoyant également le développement d’autres cultures céréalières, industrielles, maraîchères, fruitières, etc. a mis l’accent sur l’accès aux intrants pour les producteurs. Ce plan de campagne dont le coût total de mise en œuvre est estimé à 240 milliards FCFA a démarré dans un contexte marqué par la flambée des prix des céréales. La campagne 2009 a été aussi caractérisée par un démarrage difficile puis des pluies trop abondantes en août qui ont rendu difficiles les travaux d’entretien des cultures. Les fortes pluies enregistrées fin octobre ont également eu un impact négatif sur la qualité de la récolte et les rendements. Mais effet probable de la disponibilité des intrants, la production du coton est remontée et laisse augurer une amélioration de la disponibilité en aliments bétail (tourteau) qui manquent depuis 2007.

L’Etat a également élaboré une stratégie pour la valorisation du lait cru local à travers le « Projet de valorisation du lait cru local » (PRODEVALAIT)) ayant pour objectif le développement de la production laitière autour des grandes villes tout en capitalisant sur l’expérience des élevages laitiers périurbains et en maximisant la collecte et la transformation du lait cru local (mise en place de centres de collecte équipés de tanks et équipement des producteurs en moyens logistiques pour la livraison du lait aux centres de collecte ou directement aux laiteries).

2.1.3. Togo et Bénin

Au Togo et au Bénin, sous l’impulsion des bailleurs de fonds, les gouvernements togolais et béninois ont défini et mis en œuvre un programme spécial de restructuration du secteur agricole (PSRSA) et un programme d’urgence d’appui à la sécurité alimentaire (PUASA).

Au Togo, la crise alimentaire et la persistance de la crise de la filière coton ont donné lieu à des prises d’initiatives nationales en matière de production et commercialisation de soja et de riz notamment dans les zones rurales, de nombreux producteurs recherchant de nouvelles sources de revenus monétaires plus sûres. Si le contexte général au Togo ne s’est pas nettement amélioré, la signature de différents accords de partenariats entre le gouvernement togolais et les différents bailleurs de fonds a contribué à un regain d’espoir et une reprise timide des activités économiques.

Au Bénin, le contexte 2009 se caractérise notamment par une aide extérieure technique et financière bien plus importante. Pour relancer le secteur agricole, le Gouvernement béninois a également défini un programme national d’investissement agricole (PNIA) se dotant d’un document stratégique de relance de l’agriculture pour la période 2009-2015 qui retient, outre la filière coton, six autres filières dont le riz.

2.2. Afrique de l’Est et Océan Indien

2.2.1. Ethiopie

Malgré des problèmes climatiques récurrents dans les régions d’intervention, la situation économique et politique dans les zones d’intervention a été relativement stable. A noter toutefois un fort niveau d’inflation notamment dans le secteur de produits agricoles, qui a provoqué une forte spéculation privilégiant l’exportation et décourageant les activités de transformation locale.

2.2.2. Madagascar

La dégradation continue du contexte politique et économique a fortement pénalisé les activités des entreprises agroalimentaires qu’elles soient tournées vers l’exportation ou le marché local. Le pouvoir d’achat local pour les produits agroalimentaires et artisanaux urbains, déjà faible, s’est dégradé et la baisse drastique du tourisme a eu un impact important sur le chiffre d’affaire des secteurs de la restauration et du marché de l’artisanat.



Rapport d’activités 2009 - Entreprises agricoles, filières et marché
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